Page:Martin - Histoire des églises et chapelles de Lyon, 1908, tome II.djvu/469

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saint-bonaventure

à l’approprier et à l’orner et y suspendirent le tableau de l’apôtre, le Majeur, dont ils avaient visité le tombeau en Espagne. Dans l’été de 1819, c’est pour dresser un autel du Sacré-Cœur que le curé convoque ses fidèles ; il en paye la façon à un marbrier du nom d’Augier 2.000 francs, et le tableau, dont il le surmonte, est l’œuvre de M. Lefebvre ; cadre et toile coûtent 287 francs. Pour la chapelle de saint Claude, autrefois dédiée à saint Bernardin de Sienne, qui passera plus tard sous l’invocation des Saints Anges gardiens, celle-là même que le bienheureux Vianney, curé d’Ars, est en train d’usurper par l’initiative de quelques âmes dévotes à son intercession, un bienfaiteur prit à sa charge la plus grosse partie des frais de transformation.

Le dernier vœu de l’infatigable vieillard, dont les années n’interrompaient pas l’exécution de ses projets, eut pour objectif le culte de saint Joseph : il le recommandait sans cesse ; il le prônait en toute occasion ; il s’occupa de réserver une place à son image et un lieu tranquille à ceux qui viendraient l’implorer. Auparavant, à l’occasion d’une mission générale, prêchée, pendant l’Avent de 1824, par les associés du Père Rauzan, il substitua à la chaire de bois la chaire de marbre rouge et blanc dont on a usé jusqu’à présent, illustrée dans les Carêmes, les octaves de saint Bonaventure et des Morts, parles plus fameux orateurs, qui ont honoré l’éloquence chrétienne, dans la France du Concordat. Enfin en 1827, il déposa, entre les mains du trésorier de la Fabrique, une somme de 10.000 francs, affectée aux travaux de la chapelle qui lui tenait tant au cœur ; on l’édifia, du côté d’Occident, là même où nous l’admirons ; seulement elle a triplé son espace, en prenant sur deux autres chapelles quelle a absorbées, quand on l’eut choisie comme le siège d’un* archiconfrérie florissante. M. l’abbé Pages, professeur distingué de la Faculté de théologie et son futur doyen, célèbre par la controverse qu’il soutint à propos du prêt d’intérêt, s’associa à la bonne œuvre par une aumône d’argent importante et par le don de la statue du saint Patriarche, qui fut achetée à Paris.

Dans cette vigilante application à rendre le lustre du passé à son église, le laborieux pasteur de Saint-Bonaventure s’était oublié ; il n’avait pas de presbytère et habitait un étroit et modeste appartement de 500 francs dans une maison, sans apparence, de la rue Stella. Une circonstance des plus favorables le poussa à se départir de son abnégation prolongée, et il entama des négociations, pour acquérir l’immeuble, qui joignait l’angle droit du grand portail. La ville le paya 40.000 francs et en abandonna l’usufruit perpétuel à la Fabrique, à condition qu’elle se chargerait, à ses frais, des agrandissements et des transformations notables, entraînés par l’appropriation des logements du curé, des quatre vicaires et de la clergeonnerie. Au mois d’avril 1827, on en donna l’adjudication, sur un devis dont le total montait à 60.000 francs. On pouvait sans témérité s’engager dans cette dépense, car deux legs récents, en faveur de l’école cléricale, fournissaient, contre des rentes annuelles aisément économisables, croyait-on, sur les recettes courantes, les capitaux à verser aux entrepreneurs. Un ancien cordelier, dont le nom s’est rencontré déjà plusieurs fois sous notre plume, le P. Mollière, qui mourut, quai de Retz, te 13 juillet 1826, déposa, entre les mains de M. le curé, 10.000 francs, sans aucune autre condition que de les employer à l’éducation des enfants de chœur. L’autre héritage échut