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histoire des églises et chapelles de Lyon

Thomas, fut bénit le 3 avril 1872, le jour de la fête renvoyée de l’Annonciation. La pose solennelle de la première pierre s’accomplit le 7 décembre de la même année. L’archevêque présidait la cérémonie, entouré du chapitre métropolitain, des chapelains, ayant à leur tête leur recteur, M. l’abbé Pater, et des membres de la commission administrative, qui, depuis vingt ans, n’avait ménagé, ni ses démarches, ni sa peine.

Le 2 juin 1884, lundi de la Pentecôte, le cardinal Caverot, dont le zèle n’avait jamais faibli et qui devait, dans son testament, montrer ses sympathies par un don important, scella la dernière pierre du gros œuvre, c’est-à-dire la croix qui surmonte la façade principale. Il reçut des mains de M. Sainte-Marie Perrin, le disciple préféré de Pierre Bossan, qu’il avait remplacé dans la conduite et la surveillance des travaux, la truelle d’argent et le ciment à jeter dans la cavité. Une inscription composée par le savant épigraphiste, M. Alphonse de Boissieu, perpétue ce souvenir. En voici les lignes finales :

iv • non • junii • an • mdccclxxxiv
em • et • rev • cardinalis
lud • mar • ios • eus • caverot
hanc • lapideam • crucem
operis • exitum
in • fastigio • frontis
firmavit • et • benedixit

Six années s’écoulèrent encore, avant qu’il fut possible d’installer le culte dans l’enceinte supérieure ; dès qu’elle avait été accessible, on s’était empressé d’user de la crypte. Le chantier cependant ne fut jamais arrêté ; mais, à chaque exercice, on n’engageait la dépense qu’à proportion du résultat escompté des souscriptions et des quêtes. Le premier élan avait dépassé les prévisions les plus optimistes : la persévérance des donateurs ne fut pas moins digne d’éloge ; la longueur de la tâche ne lassa pas leur patience et les sommes absorbées n’ont pas épuisé leur générosité ; au dixième million, volontairement sorti des bourses les plus médiocres comme des plus riches, chacun a de quoi juger comment les Lyonnais savent tenir leur parole.

Le 1er mai 1890, le cardinal Foulon célébrait la première messe à l’autel majeur, malgré que les échafaudages fussent encore dressés et que les toiles, abritant les ateliers aériens des sculpteurs et des mosaïstes, n’aient pas été enlevées. Il espérait lui-même présider la prise de possession officielle, avec l’accompagnement des pompes liturgiques, à bref délai. Il l’annonça aux fidèles, dans son mandement pour le carême de 1891, un des plus savants et des plus touchants de ceux que sa plume écrivait avec une élégance si naturelle et une si ferme éloquence. Mais une mort prématurée lui ravit cet honneur ; il échut à son successeur, le pieux et éminent cardinal Couillé, héritier non seulement de sa crosse primatiale, mais surtout de ses sentiments paternels et bienveillants pour l’œuvre de Fourvière, la plus haute et la plus belle de leur double épiscopat.

Cette consécration, si vivement désirée, avec ses rites solennels, le déploiement des pompes liturgiques et pontificales, sous les rayons resplendissants d’un beau soleil d’été, s’accomplit le 16 juin 1896, en l’année du quatorzième centenaire de la vocation de la France chrétienne et du baptême de Clovis. Quatre archevêques, dix-neuf évêques, trois