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histoire des églises et chapelles de Lyon

concours de l’administration civile avaient réorganisé le service des pauvres huit ans plus tôt, en 1796.

Les sœurs avaient dû prendre des vêtements séculiers en 1792 et n avaient pas encore été autorisées à reprendre l’habit religieux. La circulaire de la mère Deschaux, du 2 janvier 1805, annonce que permission est accordée de reprendre l’ancien costume, le 25 mars suivant. En voyant la communauté adopter le costume noir pour plus d’uniformité et maintenir la prohibition du voile, on est autorisé à croire que, même avant la Révolution, on s’était relâché au sujet de l’uniformité dans le costume, et qu’il y avait une tendance à s’habiller comme les religieuses. L’usage du noir dura jusqu’en 1835.

M. Courbon, vicaire général de Lyon.

En 1805, les sœurs de Saint-Jean eurent la joie, mêlée sans doute de quelques regrets, de savoir le cœur de saint Vincent à quelques pas de leur maison. Au moment de la dispersion des deux communautés de Paris, en 1792, et par crainte de profanation, il avait été emporté à Turin, avec l’autorisation du supérieur général, M. Coyla de la Garde et avec la promesse de le rendre aussitôt que la congrégation serait rétablie en France. Or, le 1er janvier 1805, le cardinal Fesch, archevêque de Lyon et oncle de l’empereur, écrivait à l’archevêque de Turin : « En ma qualité de grand aumônier de l’Empire, les Missionnaires et les Filles de la Charité étant rétablis, je réclame ce dépôt et vous prie de le remettre au général de Menou qui me le fera parvenir. » Le cardinal parlait ensuite de « restitution ». La restitution fut faite par ceux qui étaient les dépositaires de la précieuse relique. Les prêtres de la Mission, dispersés en Italie, la concédaient à leur maison-mère que, d’après la lettre du cardinal, ils croyaient rétablie. Il n’en était rien. Mais, à défaut de la maison-mère des missionnaires, on avait celle des Filles de la charité, provisoirement installée rue du Vieux-Colombier, qui gardait déjà le corps de saint Vincent ; elle aurait pu tout aussi bien garder son cœur. On ne paraît pas avoir eu cette pensée à Lyon, mais on crut que saint Vincent, ayant été curé à Châtillon-sur-Chalaronne (Ain), qui avait appartenu jusque-là au diocèse de Lyon, il était naturel de garder son cœur à la Primatiale, et pour cette raison, dit Mgr Lyonnet, dans sa vie du cardinal Fesch (tome II, p. 232), Napoléon fit remettre à son oncle la précieuse relique. Celui-ci, à son tour, la remit solennellement au Chapitre de l’église Primatiale, le dimanche 19 septembre 1805, (Vie de M. Duplay). Comme consolation, le vicaire général, M. Courbon, céda aux religieuses de Lyon le précieux volume (t. II de la Vie des saints, par le Père Giry), dans