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l’état-mine !

prenait du galon. Talon… Il savait que ce qu’on demandait aux découvreurs de découvrir, c’étaient des mines. Sa trouvaille se proposait sans doute d’amorcer l’intérêt ou la cupidité du Roy qui ne manquerait pas, comme conséquence, de lui expédier du monde et des fonds pour développer pareille contrée minière. Effectivement, sa lettre conclut par une demande d’artisans et de livres parisis.

La fin justifie les moyens !

Jacques Cartier avait, lui aussi, tâté de ce stratagème en prétendant avoir découvert des diamants dans le roc de cette pointe qu’il appela, de fait, le Cap aux Diamants. Il est vrai que lorsqu’il fallut s’exécuter et soumettre à l’expertise ses prétendus diamants (probablement quelque oxyde métallique, chalcopyrite, galène ou autre), la supercherie perça.

Mais comment expliquer la mine kébécoise à Jean Talon ? Il ne saurait s’agir des lubies d’un homme qui a passé la nuit à martiner et dont l’imagination est dans les brouillards, puisque la prohibition existait alors à Kébec ? Il n’y a pas à dire, il y a du gnac là-dedans !

Talon possédait-il des terrains dans les alentours et voulait-il « organiser » une expropriation pour faire passer quelque chose du côté de l’épée ? Il n’était pas échevin, c’est vrai, mais cette seule circonstance ne l’innocente pas de toute suspicion.