Page:Maupassant - Œuvres posthumes, I, OC, Conard, 1910.djvu/173

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UN DUEL.

curiosité satisfaite et d’impatience heureuse. L’autre, qui tenait toujours sa montre à la main, saisit M. Dubuis par le bras, et l’entraîna, au pas gymnastique, vers la gare.

Le premier Anglais marquait le pas, tout en courant, les poings fermés, les coudes au corps.

— Une, deux ! une, deux !

Et tous trois de front trottaient, malgré leurs ventres, comme trois grotesques d’un journal pour rire.

Le train partait. Ils sautèrent dans leur voiture. Alors, les Anglais, ôtant leurs toques de voyage, les levèrent en les agitant, puis, trois fois de suite, ils crièrent :

— Hip, hip, hip, hurrah !

Puis, ils tendirent gravement, l’un après l’autre, la main droite à M. Dubuis, et ils retournèrent s’asseoir côte à côte dans leur coin.


Un Duel a paru dans le Gaulois du mardi 14 août 1883.