Page:Maupassant - Lettre d’Afrique, paru dans Le Gaulois, 20 août 1881.djvu/12

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Alors qu’arrive-t-il ? Les forêts brûlent.

Elles brûlent en ce moment partout : des milliers d’hectares sont dévorés, des parties du pays sont ruinées par le feu. On a vu, de loin, les incendiaires. Et on crie : « Extermination ! » Mais, c’est justement quand on l’extermine qu’il se révolte, ce peuple.

Ce que je dis là, du reste, il n’est peut-être pas un officier du bureau arabe qui ne le pense et ne le dise à l’occasion.

Mais à Alger, les gens sédentaires et compétents ne voient que les torts et les vices de l’Arabe. Ils répètent sans fin que c’est un peuple féroce, voleur, menteur, sournois et sauvage. Tout cela est vrai. Mais, à côté des défauts, il faut voir les qualités.