Page:Maupassant - Mont-Oriol, 1887.djvu/77

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— Allons, vieux farcheur, tu chais, j’ la connais ta maladie, moi, on ne me la conte pas. Qué que tu faisais, lundi dernier, dans l’ bois de Comberombe, à onze heures de nuit ?

Le vieux répondit vivement :

— Ché pas vrai.

Mais Colosse s’animant :

— Ché pas vrai bougrrre que t’as chauté par-dechus le foché à Jean Mannezat et que t’es parti par le creux Poulin ?

L’autre répéta avec énergie :

— Ché pas vrai !

— Ché pas vrai que je t’ai crié : « Ohé, Cloviche, les gendarmes », et que t’as tourné par la chente du Moulinet ?

— Ché pas vrai.

Le grand Jacques, furieux, presque menaçant, criait :

— Ah ! ché pas vrai ! Eh bien, vieux trois pattes, écoute : quand je t’y verrai, moi, au bois, la nuit, ou bien à l’eau, je te pincherai, t’entends bien, vu qu’ j’ai encore d’ pu longues jambes, et j’ t’attache à quéque arbre jusqu’au matin, où nous allons te r’prendre, tout le village enchemble…

Le père Oriol arrêta son fils, puis très doux :

— Écoute, Cloviche, tu peux bien échayer la chose ! Nous te faijons un bain, Coloche et moi ; t’y viens chaque jour, un mois durant. Pour cha, j’ te donne, non point chent, mais deux chents francs. Et puis, écoute, si t’es guori, l’ mois fini, che ch’ra