Page:Maurice Goudard - La défense du libéralisme.pdf/156

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défendre contre la concurrence, en fermant leur Corporation et en faisant des procès aux voisines.

Les rois protégeaient les Corporations et leur assuraient des privilèges, parce qu’elles constituaient pour eux un excellent moyen de percevoir l’impôt par des taxes très lourdes et par la vente des maîtrises. Au Maroc, un rôle identique était rempli par les Juifs, qui s’enrichissaient aux dépens des goyims. Ceux-ci protestaient auprès du Pacha, qui dépouillait les Juifs, lesquels, une fois la recette assurée, étaient soigneusement remis dans le circuit par le Pacha, soucieux de la bonne marche de ses finances.

Mais, de nos jours, la France a réalisé un admirable système fiscal qui, pour « éponger » le contribuable, n’a certes pas besoin de recourir a ces méthodes désuètes.

Il est vrai que les anciennes Corporations peuvent s’enorgueillir de l’héritage d’art qu’elles nous ont laissé. Mais il s’agissait là de productions artisanales, qui ne dépassaient pas le cadre du bâtiment, de l’ameublement et de l’orfèvrerie. Quand il s’agira d’appliquer le Corporatisme aux entreprises modernes, si complexes et si enchevêtrées, on se heurtera à des difficultés inextricables. Il est assez curieux de constater que les mêmes hommes qui ont accusé le libéralisme d’avoir fait son temps, et d’être dépassé par le machinisme, nous proposent pour le remplacer un système datant de Louis XI.

Il est vrai qu’en gens prudents, ils se gardent bien