Page:Maurice Goudard - La défense du libéralisme.pdf/86

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Un avenir prochain prouvera que l’imagination des inventeurs n’a pas été excitée en pure perte.

C’est à cette époque que je vécus le drame, qui me fut pénible, de la déconfiture d’André Citroën. J’avais pour lui une très grande amitié et une profonde admiration. J’appréciais sa vive intelligence, le jaillissement continuel de ses idées, la largeur de ses conceptions, son mépris du risque et son goût des responsabilités, l’ensemble dominé par un charme exquis, par lequel chacun se sentait subjugué. Pendant de longues années, il voulut bien faire de moi son confident, et je m’efforçai de lui donner des conseils de modération. Il me demanda souvent de devenir son directeur général, proposition que je déclinai en émettant la condition inacceptable de disposer de la majorité. Malheureusement, entre temps, il pendit, coup sur coup, ses deux freins modérateurs, Henri Guillot et Georges-Marie Haardt et, comme tous les grands hommes, il n’écouta plus que les conseils des flatteurs. Par une coïncidence désastreuse, il mit en œuvre un programme gigantesque en pleine période de déflation. L’ambiance était pessimiste, et il ne put pas trouver les concours nécessaires qui lui auraient permis de faire face à la situation. Son audace effrayait les banquiers. L’avenir prouva qu’ils avaient tort. Entre temps, comme président de ma Chambre, j’avais été mis à la tête du groupe de tous les créanciers. Il en résulta pour moi des situations cornéliennes, partagé que j’étais entre mon devoir envers les créanciers et mon amitié pour André Citroën. Je fis de mon mieux