Page:Maurice Goudard - La défense du libéralisme.pdf/91

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gnats de l’Automobile, qui étaient reconnaissants à la France d’avoir été le pionnier de la locomotion nouvelle. J’appréciais le caractère hospitalier et bon enfant de ces géants de l’industrie, mais je défendais de mon mieux le génie européen. Je me rappelle que, porteur d’un bracelet—montre Jaeger, de la grosseur d’un pois, je fus invité par Henry Ford à visiter ses usines et, comme à déjeuner il me demandait mon impression : « Yes, lui répondis-je, you have the biggest plant in the world, but I’ve got the smallest watch ! ».

Il fut si amusé qu’il câbla immédiatement pour en commander trois semblables. M’honoraient également de leur amitié William Knudsen, C. F. Kettering, O. E. Hunt, de la General Motors, à qui j’exposais tout ce que la France avait perdu comme avance pendant la Grande Guerre, alors que, en fait de voitures de tourisme, nous fabriquions des tanks et des canons. Ils en convenaient et me témoignaient, par leur accueil, qu’ils n’avaient pas oublié tout ce qu’ils devaient à mon pays. Quant à mes chers vieux amis, B. E. Hutchinson et F. M. Zeder, vice-présidents de Chrysler, nous nous bornions à nous mesurer sur les links de golf, dans des parties homériques, où je soutenais de mon mieux l’honneur français.

Cet amour des voyages me décida, en 1936, à entreprendre une grande expédition, le tour du monde, sans autre but que de voir du pays et m’instruire. Accompagné de ma fille, je m’embarquai pour l’Extrême-Orient, en faisant escale à Suez, Djibouti, Aden, Ceylan,