Page:Meilhac et Halévy - La Vie parisienne, 1866.djvu/108

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MADAME DE QUIMPER-KARADEC.

Ce qui me chiffonne, c’est que je ne suis pas sûre de votre discrétion ; ainsi, tenez, en ce moment, j’ai une envie folle de vous sauter au cou.


GARDEFEU.

Par exemple !


MADAME DE QUIMPER-KARADEC.

Eh bien, je me contiens ; je me contiens avec peine, mais je me contiens… et pourquoi ça ?… parce que je ne suis pas sûre de votre discrétion. Je me dis : attention, ne nous compromettons, pas le petit homme qui est là serait capable d’aller raconter demain à tout Paris…


GARDEFEU.

Oh ! quant à ça vous pouvez y compter…


MADAME DE QUIMPER-KARADEC, tendrement.

Mais supposons que j’en sois sûre, de votre discrétion…


GARDEFEU.

Écoutez, ne supposons rien, je vais aller vous chercher une voiture.


MADAME DE QUIMPER-KARADEC.

Non, j’aime mieux supposer… Supposons que vous soyez un homme du monde…


GARDEFEU, à part.

Comment ?


MADAME DE QUIMPER-KARADEC.

Un homme du monde, qui pour attirer chez lui une femme jeune et belle…


GARDEFEU.

Oh ! oh !


MADAME DE QUIMPER-KARADEC.

Qui pour attirer chez lui une femme jeune et belle, aurait imaginé un joli traquenard dans lequel il aurait fini par se laisser prendre lui-même comme un véritable niais.


GARDEFEU.

Madame…