Page:Meilhac et Halévy - La Vie parisienne, 1866.djvu/78

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LE BARON.

Madame…


PAULINE.

Oui, tout ce que l’on dit de nous est vrai ; mais si l’on savait… on ne sait pas… pourquoi toutes ces folies ? c’est que nous avons besoin de nous étourdir… c’est que nous souffrons… c’est qu’il nous manque quelque chose…


LE BARON.

Quoi donc ?…


PAULINE, rêveuse.

Ah ! pourquoi me le demandez-vous…


LE BARON, ardent.

Pour le savoir…


PAULINE.

Eh bien voilà, il nous manque… (avec un regard de flamme) celui que nous avons rêvé…


LE BARON.

Ce regard…


PAULINE.

Vous savez… jeune fille, on rêve… un idéal, mais quand on est jeune fille, on ne peut pas chercher… voilà le diable… Alors, on se marie pour avoir le droit de chercher, et on cherche…


LE BARON.

C’est pour cela que vous vous êtes mariée…


PAULINE.

Pas pour autre chose…


LE BARON.

Et vous avez cherché ?…


PAULINE.

Je vous en réponds… mais je n’avais pas rencontré… (En le regardant tendrement.) jusqu’à présent…


LE BARON, avec transport.

Jusqu’à présent !


PAULINE.

Je ne l’ai pas dit…


LE BARON.

Vous l’avez dit…