Page:Meillet - Esquisse d'une grammaire comparée de l'arménien classique (1936).djvu/17

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La voyelle u est notée par le groupe ու, sur le modèle du phonème grec correspondant ου. Elle sera transcrite ici par u. La lettre o a été ajoutée au XIIme siècle pour rendre la prononciation o ouvert prise par la diphtongue aw աւ; à la même date ֆ a rendu dans les transcriptions de mots étrangers le phonème f qui ne figure pas dans les mots arméniens.

La prononciation de ces lettres sera indiquée au chapitre de la phonétique ; il suffit d’indiquer ici que c ծ, ց et j ձ représentent les mi-occlusives sourde, sourde aspirée et sonore de la série sifflante (type du russe car « tsar ») et č ճ, č̣ չ et ǰ ջ les mi-occlusives correspondantes de la série chuintante (type de l’italien ci, gia).

4. — Les seuls travaux de grammaire comparée relatifs à la préhistoire de l’arménien qui aient actuellement un intérêt sont ceux dont les auteurs ont accepté, avec ses conséquences la démonstration du caractère non iranien de l’arménien qu’a donnés Hübschmann dans son bel article du volume XXIII de la Zeitschrift de Kuhn, p. 5-42. Les publications antérieures n’ont plus maintenant qu’un intérêt historique, et les publications plus récentes dues à des personnes qui ne possèdent pas les méthodes de la linguistique moderne n’en ont jamais eu aucun.

Les Armenische Studien de P. de Lagarde (Gœttingue 1879 ; extrait du volume XXII des Abhandlungen de l’Académie de Gœttingue) résument toutes les recherches antérieures sur l’étymologie ; mais le livre qui sert encore maintenant de base au travail sur l’étymologie arménienne est le premier volume de l’Armenische Grammatik de H. Hübschmann, Strasbourg 1897 (cf. un important compte rendu de cet ouvrage par son auteur, Indogermanische Forschungen, Anzeiger X, p. 41 et suiv. ; les autres volumes qui devaient renfermer la grammaire proprement dite n’ont jamais paru) ; c’est au fond sur les étymologies admises par Hübschmann que reposent en principe les lois phonétiques et par suite les doctrines exposées dans le présent ouvrage. Au contraire on n’a guère pu emprunter que des rapprochements isolés aux publications de Bugge (Beiträge zur etymologischen Erläuterungen der armenischen Sprache, Christiania 1889, et divers articles dont les principaux sont celui de la Zeitschrift de Kuhn XXXII, 1-87 et celui des Indogermanische Forschungen III, 437-459) ; la plupart des