Page:Meister - Betzi.djvu/191

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de si bonne foi ; l’être qu’il adorait encore méritait cet hommage à tant de titres, avait eu tant de vertus et de charmes, l’avait rendu tour-à-tour si parfaitement heureux et si parfaitement malheureux, que son âme remplie de souvenirs délicieux et de regrets déchirans, eût regardé l’idée seule d’un autre amour comme une sorte d’impiété, s’il l’eût imaginé possible.

La passion qui, jusqu’à ce moment, avait enchaîné toutes les facultés de son être, serait difficile à comprendre pour ceux qui l’auraient connu moins que moi ; ce n’était point la fougue passagère d’un délire amoureux, c’était tout-à-la-fois le sentiment le plus vif, le plus tendre et le plus profond ; il était devenu la vie de sa vie, l’ame de son ame. Je n’ai guère vu de jeune homme dont le