Page:Meister - Betzi.djvu/254

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ma vie ! mais comment supporter l’affreuse idée d’être à charge même au plus sensible, au plus généreux de tous les êtres ! Comment la supporter l’affreuse idée de faire partager sans cesse et ses tourmens et ses chagrins à celle à qui l’on eût voulu donner à chaque instant tout le bonheur de sa vie entière ! L’heure fatale va bientôt sonner ; quand tu recevras cette lettre je ne serai plus. Cependant, ce moment même, je crois encore te serrer contre mon sein ; ce n’est pas de la vie, c’est de ce sein adoré qu’il est difficile de s’arracher. Adieu ! Pense que jusqu’au dernier instant tu fus la seule consolation de ton malheureux ami, tout le charme de sa pensée ; que c’est à toi seule, au repos, à la sûreté de ta vie qu’il s’immole. Je l’ai déjà tenu dans ma main, l’instrument fatal ; que dis-je ?