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Page:Menu de Menil - L'heritage Klodarec - 1906.pdf/12

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Mme DANFREVILLE.

La cuisinière est au marché ! Allons dépêchez-vous !

JOSEPH.

C’est bien, Madame ! j’y vais. (À part en sortant) Quelle boîte ! on est attrapé tout le temps ! (voyant Georges qui rit) Toi, mon vieux, tu me le paieras ! (Il sort.)

Scène IV.

Mme DANFREVILLE, GEORGES.
Mme DANFREVILLE, arrangeant des fleurs des champs dans une jardinière.

Comment, déjà au travail, M. Georges !

GEORGES.

Mais oui ! Madame. (À part.) Si elle se doutait que mon zèle se borne à ne pas être pincé par le patron… à propos du journal espérantiste.

Mme DANFREVILLE, toujours arrangeant ses fleurs.

J’aime ce zèle de votre part. On voit que vous prenez un réel intérêt aux affaires de l’étude.

GEORGES, un peu gêné.

En vérité, madame ! je…

Mme DANFREVILLE, l’interrompant.

Ne vous en défendez pas ! (Souriant.) Croyez-vous donc que je n’ai pas vu clair dans vos petits manèges auprès de ma fille ?

GEORGES, sincère.

Madame, mes intentions sont pures…

Mme DANFREVILLE.

Je le pense bien, certes ! Pauvre ange ! elle est si naïve ! D’ailleurs vous vous conformez absolument à vos fonctions de maître clerc ; chez nous, c’est une tradition depuis deux siècles : le premier clerc épouse toujours la fille de la maison. Me Danfreville était premier clerc chez mon père ; nous sommes des gens très routiniers.