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Page:Menu de Menil - L'heritage Klodarec - 1906.pdf/19

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GEORGES, ahuri.

Je ne comprends rien du tout.

MARTHE.

Ne faites donc pas l’innocent ! Comme si je ne savais pas que Mlle Espéranto est une danseuse du Cirque Universel.

GEORGES.

Ah ! bon ! Et quel est l’imbécile qui vous a…

MARTHE.

C’est papa.

GEORGES.

Non. Ce n’est pas ce que je voulais dire. Mais, ma pauvre Marthe, on s’est moqué de vous. Je ne connais aucune danseuse espagnole, et si je m’occupe d’espéranto, c’est en tant que langue internationale auxiliaire.

MARTHE, étonnée.

C’est moi qui ne comprends plus. Alors, il n’y a point de Mlle Espéranto, danseuse espagnole ?

GEORGES.

Mais non ! il n’y en a jamais eu : je vais vous expliquer. L’espéranto est une langue auxiliaire que tout homme devrait employer pour correspondre avec les étrangers.

MARTHE.

Ah ! que je suis heureuse ! Mais, elle doit être très compliquée cette langue-la ?

GEORGES.

Non ! Elle est extraordinairement facile au contraire, et tout le monde peut la posséder entièrement au bout d’un mois ou deux.

MARTHE, riant.

Et moi qui croyais !… Non, mais ce que l’on est bête quand on aime…

GEORGES, tendrement.

Alors… vous m’aimez un peu ?

MARTHE, rougissant.

Est-ce que je ne viens pas d’en laisser échapper l’aveu ?