Aller au contenu

Page:Menu de Menil - L'heritage Klodarec - 1906.pdf/20

La bibliothèque libre.
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.

(Se reprenant.) Au moins, est-ce bien vrai ce que vous venez de dire ?

GEORGES.

Vous ne me croyez pas ? (Sortant une brochure de sa poche.) Tenez ! J’ai justement sur moi la petite brochure rouge. (Il l’ouvre.) Voyez la première page : qu’est-ce que l’espéranto ?

MARTHE, parcourant la brochure.

… langue auxiliaire… extrêmement facile… harmonieuse… vocabulaire vraiment international… (La lui rendant.) Dites-moi : à quoi cela sert-il l’espéranto ?

GEORGES, la regardant avec tendresse.

Quand cela ne servirait qu’à faire connaître les secrets des jeunes filles ! (Marthe sourit et rougit de nouveau.) Alors, vous n’entrez plus au couvent ?

MARTHE, riant.

Méchant !… Je n’en ai jamais eu envie. J’ai dit cela parce que j’étais furieuse… à cause de vous ! Pour votre peine, apprenez-moi comment, en espéranto, on dit : Je vous aime.

GEORGES, très tendre.

Mi amas vin !

MARTHE, repétant très vite.

Mi amas vin !

GEORGES, vivement.

Attention à l’accent tonique sur l’avant-dernière syllabe… Ah ! pardon ! Je ne sais plus ce que je dis… je suis si heureux.

MARTHE.

Moi aussi, je suis si heureuse !

GEORGES, lui prenant les mains.

Alors il faudra nous marier le plus vite possible.

MARTHE.

Et faire notre voyage de noce !

GEORGES.

Grace à l’espéranto, nous pourrons aller partout. Il y a des espérantistes dans tous les pays. C’est bien agréable pour les touristes.