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Page:Menu de Menil - L'heritage Klodarec - 1906.pdf/24

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choses plus importantes. Voyons le courrier. (Il tend les lettres à Georges qui les décachette.)

GEORGES.

Une lettre d’Espagne.

DANFREVILLE.

Donnez. (Georges lui passe la lettre.) C’est mon collègue de Catalogne qui m’annonce la visite de son client aujourd’hui dans la matinée. (Il met la lettre à côté de lui sous un presse-papier.)

GEORGES.

Une lettre avec un timbre allemand.

DANFREVILLE, même jeu.

C’est mon confrère de Königsberg qui me prévient de l’arrivée de sa cliente pour ce matin. (Il classe la lettre, — à Georges.) Remarquez en passant combien votre espéranto est peu utile : voici deux personnes de nationalité différente qui ont besoin de traiter avec moi ; elles m’écrivent en français, et, ma foi, en fort bon français. (il relit les deux lettres avec une visible satisfaction.)

GEORGES, pendant ce temps.

Si je lui réponds que, pour arriver au même résultat, ils auraient consacré beaucoup moins de temps à l’étude de l’espéranto que de n’importe quelle langue étrangère, il va me flanquer à la porte. Souffrons donc en silence, martyr de la bonne cause !

DANFREVILLE, après avoir replacé la lettre sous le presse-papier.

C’est tout ?

GEORGES.

Non, il y a un mot du marquis des Ogives qui vous prie de passer chez lui dans la matinée.

DANFREVILLE.

Le marquis des Ogives est un client excellent, mais l’affaire Klodarec est fort importante aussi. Je vais faire prévenir le marquis de vouloir bien remettre son rendez-vous, car j’attends ce matin les deux héritiers. À ce propos le dossier est-il complet ?