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Page:Menu de Menil - L'heritage Klodarec - 1906.pdf/28

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Scène X.

LES MÊMES, JOSEPH.
JOSEPH, à part, près de la porte.

Tant pis, je dis tout. I] m’ennuie à la fin, M. Georges, avec ses prétentions. Tout a l’heure encore j’ai été attrapé par Madame, sous prétexte que j’étais en retard. C’est certainement lui qui m’aura cafardé. S’il reste ici, et s’il épouse Mademoiselle, la vie ne sera plus tenable. Il vaut mieux que ce soit lui qui file ; je lui ai d’ailleurs dit qu’il me le paierait. (Regardant Danfreville et Georges qui travaillent.) Ils sont bien occupés et ne m’ont pas entendu entrer. (Il tousse légèrement.) Hum ! Hum !

GEORGES, levant les yeux.

C’est vous, Joseph !

JOSEPH.

Monsieur Georges, voilà votre journal, l’Espéranto. Il était resté dans le fond de la boîte à lettres. Je me dépêche de vous l’apporter. (Il fait quelques pas, tend à Georges le journal à bout de bras, et se sauve précipitamment avec le geste de quelqu'un qui évite un coup de pied.) Ça y est ! (Il sort.)

Scène XI.

DANFREVILLE, GEORGES.
GEORGES, cachant le journal derrière son dos.

Imbécile, crétin, idiot, animal, brute !

DANFREVILLE, arrachant le journal de la main que Georges tient toujours derrière le dos.

C’est le cas que vous faites de mes observations, Monsieur ?

GEORGES, attéré.

En voilà une guigne !

DANFREVILLE, sévère.

Je n’aime pas beaucoup que l’on vienne me braver jusque dans mon cabinet, Je vous ai sommé, il y a un instant à peine, d’opter entre l’étude et l’espéranto. Vous avez choisi votre langue internationale… Je ne vous retiens pas (Il lut montre la porte).