rées ? (au public). Voyons, entre nous, à quoi cela rime-t-il de ne pas aimer l’espéranto ? je vous le demande un peu ? toutes les personnes intelligentes, après avoir étudié la question, deviennent de zélées espérantistes ? Le patron prétend, qu’au lieu de m’occuper des affaires et des clients, je m'intéresse trop à l’Ekzercaro et à la Fundamenta Krestomatio ! (souriant). En cela il n’a pas tout à fait tort, le patron ! Il m’arrive parfois de faire passer la lecture de mes journaux espérantistes avant toute autre besogne sérieuse. (Se levant et allant à un casier qu’il ouvre.) Eh bien ! je vais faire acte de bonne volonté, puisque ce matin je suis très en avance. Tâchons donc de terminer cette fameuse affaire Klodarec qui nous donne tant de fil à retordre depuis quelques semaines. (Il touche à un paquet de dossiers qu’il apporte sur le bureau, et s’essuie les mains à son mouchoir d’un air de dégoût.) Dieu ! que c’est sale ici ! Ce Joseph est d’une négligence dans son service, et avec cela d’une insolence quand on lui fait la moindre observation ! C’est à croire qu’il a des raisons pour m’en vouloir personnellement. Et, ce qu’il y a de bizarre, ce fougueux socialiste — car il est socialiste, Joseph, j’en suis convaincu — me traite d’anarchiste ! Ah ! je voudrais bien savoir pourquoi, par exemple ? (Il ouvre une chemise.) Voyons, si le dossier est complet. (Il en parcourt les différentes pièces.) Bon, l’acte de décès de Yvon Klodarec…… La copie du testament, par lequel il lègue sa fortune s’élevant à un million de dollars. (Il feuillette le dossier.) Voici les certificats de vie de Mlle Katharina Van Knops, sa nièce, allemande de naissance, et de M. Rafel Valles y Roderich son neveu, né à Igualada (Catalogne), ses deux héritiers, à cette condition que…
Scène II.
Ah ! c’est vous, Joseph ! Est-ce que le courrier est arrivé ?
Non, pas encore. (Il pose la corbeille près du bureau.)