Page:Mercure de France, t. 33, n° 121, janvier-mars 1900.djvu/129

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mercvre de france—i-1900

voyageurs des omnibus. L’un déclarait avoir vu les Marsiens.

— Des chaudières, sur de grandes échasses, comme je vous le dis, qui courent comme des hommes.

La plupart d’entre eux étaient animés et surexcités par leur étrange aventure.

Au-delà de Victoria, les tavernes faisaient un commerce actif avec les nouveaux arrivants. À tous les coins de rue des groupes de gens lisaient les journaux, discutant avec animation, en contemplant ces visiteurs inaccoutumés pour un dimanche. Ils semblaient augmenter à mesure que la nuit venait jusqu’à ce qu’enfin les rues fussent, comme le dit mon frère, semblables à la Grand-Rue d’Epsom le jour du Derby. Il posa quelques questions à plusieurs des fugitifs et n’obtint d’eux que des réponses insatisfaisantes.

Aucun ne put lui donner de nouvelles de Woking, excepté l’un d’eux, pourtant, qui lui assura que Woking avait été entièrement détruit la nuit précédente.

— Je viens de Byfleet, dit-il ; un homme à bicyclette arriva ce matin de bonne heure dans le village et courut de porte en porte nous dire de partir. Puis ce fut le tour des soldats. Nous sortîmes pour voir ce qui se passait et il y avait des nuages de fumée et pas une âme ne venait de ce côté. Ensuite nous entendîmes la canonnade à Chertsey, et des gens arrivèrent de Weybridge. Alors j’ai fermé ma maison et je suis parti.

Il y avait à ce moment dans la foule un profond sentiment d’irritation contre les autorités, parce qu’elles n’avaient pas été capables de se débarrasser des envahisseurs sans tout cet encombrement.