Page:Mercure de France, t. 33, n° 121, janvier-mars 1900.djvu/136

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée
137
la guerre des mondes

et apparut au-dessus des arbres vers le sud. Il est possible qu’une des jambes du tripode ait été brisée par les obus. La seconde volée passa au-dessus du Marsien renversé, et simultanément ses deux compagnons braquèrent leur Rayon Ardent sur la batterie. Les caissons sautèrent, les sapins tout autour des pièces prirent feu, et un ou deux artilleurs seulement, protégés dans leur fuite par la crête de la colline, s’échappèrent.

Après cela, les trois géants durent s’arrêter et tenir conseil et les éclaireurs qui les épiaient rapportent qu’ils restèrent absolument stationnaires pendant la demi-heure suivante. Le Marsien qui était à terre se glissa péniblement hors de son espèce de capuchon, petit être brun rappelant étrangement dans la distance quelque tache de rouille, et se mit apparemment à réparer sa machine. Vers neuf heures, il eut terminé, car son capuchon reparut par-dessus les arbres.

Quelques minutes après neuf heures, ces trois premiers éclaireurs furent rejoints par quatre autres Marsiens, qui portaient un gros tube noir. Chacun des trois autres fut muni d’un tube similaire, et les sept géants se disposèrent à égale distance en une ligne courbe entre St. George’s Hill, Weybridge, et le village de Send, au sud-ouest de Ripley.

Aussitôt qu’ils se furent mis en mouvement, une douzaine de fusées montèrent des collines pour avertir les batteries de Ditton et de Esher. En même temps, quatre des engins de combat, armés de leurs tubes, traversèrent la rivière, et deux d’entre eux, se détachant en noir contre le ciel occidental, nous apparurent, tandis que le vicaire et moi, las et endoloris, nous nous hâtions sur la route qui monte vers le Nord, au sortir de Halliford. Ils avançaient,