Page:Mercure de France, t. 33, n° 121, janvier-mars 1900.djvu/722

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sont assez grands et assez aérés pour les plus difficiles. Puis, il y a les caves, les voûtes et les magasins souterrains qu’on pourrait joindre aux égouts par des passages faciles à intercepter ; il y a aussi les tunnels et les voies souterraines de chemin de fer. Hein ? Vous commencez à y voir clair ? Et nous formons une troupe d’hommes vigoureux et intelligents, sans nous embarrasser de tous les incapables qui nous viendront. Au large, les faibles !

– C’est pour cela que vous me chassiez tout à l’heure.

– Mais… non…, c’était pour entamer la conversation.

– Ce n’est pas la peine de nous quereller là-dessus. Continuez.

– Ceux qu’on admettra devront obéir. Il nous faut aussi des femmes vigoureuses et intelligentes – des mères et des éducatrices. Pas de belles dames minaudières et sentimentales – pas d’yeux langoureux. Il ne nous faut ni incapables ni imbéciles. La vie est redevenue réelle, et les inutiles, les encombrants, les malfaisants succomberont. Ils devraient mourir, oui, ils devraient mourir de bonne volonté. Après tout, il y a une sorte de déloyauté à s’obstiner à vivre pour gâter la race, d’autant plus qu’ils ne pourraient pas être heureux. D’ailleurs, mourir n’est pas si terrible, c’est la peur qui rend la chose redoutable. Et puis nous nous rassemblerons dans tous ces endroits. Londres sera notre district. Même, on pourrait organiser une surveillance afin de pouvoir s’ébattre au plein air, quand les Martiens n’y seraient pas – jouer au cricket, par exemple. C’est comme cela qu’on sauvera la race. N’est-ce pas ? Tout cela est possible ? Mais sauver la race n’est rien ; comme je l’ai dit, ça consiste à devenir