Page:Mercure de France - Février 1766.djvu/12

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T’euſſent forcé d’ouvrir le Temple de Janus[1],
Tu n’aurois point laiſſé leur audace impunie,
Ce que tu fus ſi jeune aux champs de Fontenoy[2],
Fit voir à nos héros, fiers de ta contenance,
Quand ton Père, en danger, ne craignoit que pour toi,
Ce que tu pouvais être avec l’expérience.



X.

Tu n’as point regretté le ſceptre des François,
Qui devoit être un jour ton brillant héritage :
Tu l’aurois vu toujours sans l’envier jamais,
Entre les mains d’un Roi qui des Dieux est l’image.
Laiſſe à tes Fils le ſoin de preſcrire des loix
A ce peuple, connu par l’amour pour ſes Maîtres.
Un citoyen des cieux eſt au-deſſus des Rois :
C’eſt-là, Prince, ſur-tout que ſont grands tes ancêtre.

  1. Le Temple de Janus n’étoit ouvert à Rome que pendaut la guerre : il fut fermé pendant tout le régne de Numa qui l’avoit bâti ; mais il ne le fut qu’une seule fois ſous le Conſulat de Manlius, après la première guerre
    Punique, depuis la mort de Numa, l’an de Rome 82, juſqu’à la bataille d’Actium, l’an de Rome 723.
  2. Monſeigneur le Dauphin avoit montré la plus grande valeur à la bataille de Fontenoy, le 11 Mai 1745, h’ayant encore que ſeize ans. Un, boulet de canon, dit. M. de Voltaire dans, une noce du poëme de Fontenoy, couvrit de terre un homme entre le Roi & Monſeigneur le Dauphin ; & un domestique de. M. le Comte d’Argenson fut atteint d’une balle de fuſil derrière eux.