Page:Mercure de France - Février 1766.djvu/16

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ERIPPE[1],
Conte Gaulois.

Les Gaulois, comme on ſait, étoient d’étranges gars ;
    Ce qu’il en coûte à l’Italie,
    À la Grèce, à la Pannonie,
  Fait aſſez voir que les plus forts remparts
Ne pouvoient arrêter leur valeur indomptable.
    Cette nation redoutable
    A fait bien loin parler de ſoi ;
    L’Ionie en va faire foi.
Dans ces pays, ſi j’ai bonne mémoire,
    Eſt la ſcène de cette histoire.

Environ l’an 300 de notre Ère, les Gaulois paſſerent en Asie, ravagèrent l’Ionie, & y pillèrent pluſieurs villes : celle de Milet, par les ſoins & par la vigilance de ſes habitans, s’étoit longtemps garantie de leur fureur ; mais un jour qu’on y célébroit la fête de Cérès, le peuple s’étant aſſemblé dans un temple deſtiné à leurs ſacrifices, & qui étoit à quel-

  1. Ce Conte a été trouvé dans les papiers de la ſucceſſion de M.L.T.D.B.