Page:Mercure de France - Février 1766.djvu/21

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Elle fit avertir ſon hôte de l’arrivée de Xanthe, qui l’alla recevoir avec beaucoup de civilité. Après les premiers complimens, Xanthe le mit ſur le chapitre de la rançon de ſa femme. Cavara lui demanda quel argent il apportoit. Il répondit, que par le crédit de ſes amis, & au moyen de quelques biens qu’il avoit vendus, il avoit fait une ſomme de mille pièces d’or. À quoi le Capitaine répliqua qu’il falloit en faire quatre parts, dont les trois ſeroient pour lui, pour ſa femme & pour ſon fils, & que l’aurre ſuffiroit pour la rançon d’Érippe. Xanthe lui rendit toutes les grâces que méritoit une généroſité ſi peu commune, & Cavara convia ſes amis à ſouper avec ſon nouvel hôte, qu’il régala le mieux qu’il put, quoiqu’il reſſentît quelque chagrin de perdre ainſi la belle Érippe, pour laquelle il avoit conçu de l’amour.


Trop généreux Gaulois, il le faut avouer,
On ne ſauroit allez dignement vous louer ;
TropCette franchiſe ſans exemple
TropEſt une matière bien ample
TropÀ vous ériger des autels,
Et vous placer parmi les immortels !


La nuit arrivée, toute la compagnie