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ANS

barbarie. Son plus jeune fils, Liutprand, fut épargné ; il alla rejoindre en Bavière Ansprand, qui s’y était réfugié. Celui-ci fut obligé de différer sa vengeance jusqu’en 712. Enfin il rassemble une armée avec laquelle il vint attaquer Aribert, fils de Bagimbert. Celui-ci fut vaincu, prit la fuite, et se noya en traversant le Tésin a la nage. Les Lombards lui donnèrent Ansprand pour successeur ; ce prince ne régna que trois mois ; mais son fils Liutprand, qui lui succéda, fut un des plus grands monarques de la Lombardie. S. S-i.


ANSSE DE VILLOISON. Voyez Villoison (de).


ANSTEY (Christophe), poëte anglais, né en 1724, acheva ses études à l’université de Cambridge, où il fut un des membres du collège du Roi, et continua d’y résider jusqu’à ce que la mort de sa mère, en 1754, le mit en possession des biens de sa famille. L’ouvrage sur lequel repose sa réputation est un poème intitulé le Nouveau Guide de Bath. 1766, satire d’un caractère enjoué et original, et qui fut extrêmement goûtée. Le libraire Dodsley, après avoir payé le manuscrit 200 livres sterling, retira un si grand profit de la vente, qu’il rendit généreusement à l’auteur son droit de propriété en 1777. Anstey composa successivement plusieurs autres poèmes de peu d’étendue, notamment le Patriote, 1768, où il flétrit les encouragements donnés à l’art odieux des boxeurs (prize-fighters) ; le Bal d’élection, 1776 ; l’Envie, 1778 ; la Charité, 1779 : morceaux recueillis en un vol. in-8°, 1786. Un de ses premiers essais avait été la traduction en vers latins de la célèbre élégie de Gray ; le dernier écrit qu’il publia fut également un poëme latin, ode alcaïque adressée au docteur Jenner, au sujet de sa découverte de la vaccine. Christophe Anstey mourut en 1808, dans la 81e année de son âge. Une magnifique édition de ses œuvres complètes, précédées de mémoires sur sa vie, a été publiée en 1808 par son fils, qui porte également le prénom de Christophe. C’est sans doute cette conformité qui aura induit en erreur un des auteurs d’une Biographie que nous avons sous les yeux, et dans laquelle les productions et les détails de la vie du père et du fils sont confondus ensemble. L.


ANSTIS (John), antiquaire héraldique distingué, était fils de John Anstis, seigneur de St-Néot, en Cornouailles, où il naquit en 1669, et fut élevé a Oxford. Dans l’année 1702 et les deux suivantes, il représenta au parlement le bourg de St-Germain. Après avoir possédé d’autres places, il fut, en 1714, nommé à celle de roi d’armes, qu’il garda jusqu’à sa mort, arrivée en 1744. Il publia : 1° A Letter concerning the honour of Earl-Marshal, 1706, in-8° ; 2° the Form of the installation of the Garter, 1720, in-8° ; 3° the Register of the most noble order of the Garter, with a specimen of the lives of the knights, 1724, 2 vol. in-fol. ; 4° Observations introductory to an historical essay on the knighthood of the Bath, 1725, in-4°. Il laissa en manuscrit un grand nombre de collections sur la science héraldique, les antiquités, les histoires de familles, la topographie, etc., et un ouvrage presque fini sur les sceaux en Angleterre, qu’il avait Intitulé Apologia. D-t.


ANSTRUHTEH (sir John), membre du conseil privé du roi d’Angleterre, naquit le 27 mars 1753. Dans le commencement de sa carrière politique il était regardé comme fortement attaché à Fox et a ses opinions ; mais la révolution française ayant éclaté, il fut alarmé de l’ardeur avec laquelle Fox et ses amis en préconisaient les principes. Anstruhter suivit alors l’exemple de Burke et d’autres hommes d’État, qui ne virent dans cette révolution qu’une conspiration démocratique, dont le premier résultat devait être une tyrannie populaire ou un effroyable despotisme militaire. Dés ce moment, il donna son appui à toutes les mesures qui eurent pour but de réprimer les partisans de la révolution et d’arrêter la contagion de ses principes. Crée baronnet en 1798, et bientôt après nommé chef de la justice dans le Bengale, il se conduisit dans cette place importante avec beaucoup d’impartialité et une fermeté mêlée de douceur et de clémence. Après avoir amassé quelque fortune, il donna sa démission, et vint prendre sa place dans la chambre des communes, où il continua de soutenir le gouvernement sans aucun motif d’intérêt ni d’ambition. La part qu’il prit aux discussions soulevées par l’emprisonnement de sir Francis Burdett à la Tour de Londres déchaîna contre lui les partisans actifs de ce dernier : il en reçut une visite tumultueuse, et un assaut fut livré aux fenêtres de sa maison. Il est mort à Londres, le 26 octobre 1811. Z.


ANTALCIDAS, Spartiate, fameux par la paix honteuse qu’il conclut, au nom de toute la Grèce, avec Artaxercès Mnémon. Les Lacédémoniens, obligés de rappeler Agésilas de l’Asie, pour résister à la ligue qui s’était formée dans la Grèce, et ne se trouvant pas en état de lutter contre les forces des Perses, envoyèrent Antalcidas au satrape Téribaze, avec des pouvoirs suffisants pour traiter ; et celui-ci conclut, l’an 387 avant J.-C., un traité par lequel les Lacédémoniens abandonnaient au roi de Perse toutes les villes grecques du continent de l’Asie, ainsi que Clazomènes et Chypre. Le roi de Perse ordonnait, par le même traité, que toutes les autres villes grecques fussent indépendantes, excepté Lemnos, Scyros et Imbros, qui devaient continuer d’appartenir aux Athéniens, et il menaçait de se déclarer contre les peuples qui se refuseraient à cette pacification. Artaxercès fut si satisfait de ces conventions, qu’il fit l’accueil le plus favorable à Antalcidas ; et un jour, au sortir d’un repas, il lui envoya la couronne de fleurs qu’il avait sur la tête, après l’avoir trempée dans des huiles de senteur. Antalcidas retourna à Sparte, où il fut fait éphore. Les Lacédémoniens le renvoyèrent depuis vers Artaxercès pour en obtenir des secours en argent ; mais ce prince, qui appelait Antalcidas son hôte et son ami, tant que Sparte fut à la tête de la Grèce, ne fit plus attention à lui dès qu’il vit la puissance de cette république abattue, et rejeta sa demande. Antacildas revint à Lacédemone, et se voyant en proie aux railleries de ses ennemis, craignant même d’être poursuivi par les éphores, il prit le parti de se laisser mourir de faim. C-r.


ANTANDRE, frère d’Agathocles, tyran de Syracuse, commanda les troupes que les Syracusains