Page:Michaud - Biographie universelle ancienne et moderne - 1843 - Tome 44.djvu/121

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l lô VON n’y a guère que la moitié de ces pièces qui aient paru sur la scène. Des scrupules religieux, des considérations politiques en écartèrent les autres. Le l’alamède, frappé d’abord d’une proscription si sévère, fut joué jusqu’à trois fois à Amsterdam, en ltitiîi, et une hns à Rotterdam. Il fallait pour cela un changement absolu de systetne dans les affaires publiqui s. Les tracasseries d’une ilirection théàtr.ile einpoisonnée de jalousie donnèrent aussi beaucoup de ilérotits à notre poëte. Ax ant de quitter ses tragédies, nous cro ; ons devoir enrore une mention spéeiale à deux, au l.¤«-(fer tttiüî, et au Jephié (t6Ii9·. La première. conception éminesninent hardie et ori<, : inale, a pour sujet la chute des niausais anges. et le lieu de la scène est le ciel. Rien de plus snbliine que le chœur des anges lune hyinne à la diviinté a la lin du premier acte. Plusieurs passages de la piéee offrent un rapport l’t’llllll’tlllillllt ! avec le Paradis perdu de Milton, qui ne ut le jour que quelques années après. Les clameurs des théologiens firent écarter Lu«·i]’ei· du théâtre, après la seenntle représentation. ’on-lel faisait un cas partieutier de son Jephut, et la manière dont il établit. dans un avant-propos, que tuutes les lois de la tragédie y ont été soigneusement oliseriées prouve l’étude approfondie qu’il en avait faite. Au second acte. une scéne entre Jephté et lllis. sa liste. est de la plus grande beauté (tn Vonilel fut à la fois un grand poëte tragique. lyrique et satirique. et nous ne doutons pas que, s’il n’eût abrmdonné son Constantin, il n’eût pu prendre un rang distinzué dans l’épopée. Des dix volumes de l’éditi-n in-’i° de ses œuvres :*2 ; les deux premiers olirent ses le des mêlées. Quelle époque plus que celle où vient Yondel a été fertile en grands événements. féconde en grands hommes ? Le liberté nai-sante déployait des prodiges par terre et par nier. De belles iiislitutioiis. d’utiles ètalilissenzents se multipliaient de toutes parts. Vondel célèbre ces hommes, ces événements. ces institutions, et il est toujours au niveau de son sujet. Il à trois livres de poésies lyriques ; mais est-il des odes plus sublimes que la plupart des i·..«¤*urs de ses tragédies ? On peut dire que ee gn-me est à lui. Le second volume, ainsi que le sivieme. ollrent ses virulentes satires. Un peut appliquer aux événements ecclésiastiques qui se passaient sous ses yeux et qui ne furent rien moins d’étrangers à son changement de religion le difcile eu mtyram aan arriberc. Ses poésies Gùbnt d’Anul¢t de Vondel avec le : règles et les loir do la tra-QÉ ll ! QI’£t.’l]llt ! DCU ! GXC¢ll¢| !B lrlfülnlrüa ftll’t’l’lÈ ColH’otlléS’llllll ile M. Plerre-Josué-Louis Huet (t, ’om¤mil«.lio de Gnzeœ Irrigadm ration et nahiliraina Vandemfubnila Gysbreclrt x an Amstcll mt lun uacla iUtrecl-it., Iu2l, rn-8°i, l’autre mémoire était aussi d’un etudiant L Utrecht., ibid., 1821, in-B". I Un trot ve dans les C/nefs-dïzuore du théâtres iimngen, publie : à Paris, l8z2·1823, en 25 volumes in-8°, une traduction de Cnbert d’Am1lel et. de Liicrjbr, due ai M. Cohen. it Il en a paru. en le20, à Amsterdam. une édition in-12, noignœ par Jerome de Vriea. Une autre édition, en 2 volumes in iv-, avec la vie du poëte et des observation :, par M. J. vu : lxnnep, n vu le your dun la mêm ; ville, tttttl, ivol. in-8°.

VON religieuses ne lui lont pas moins d’honneur, surtout ses Contmplations sur Dieu el sur la religion, en cinq livres ; ses Mystères des autels (le sacrifice de la messe}, en trois livres ; sa traduction des Psaumes. Il a un recueil d’Héroi’des sacréei, un poëme de J€oil•BtI}7lt8l£, en six livres. Les euxblemes étaient trop en vogue de son temps pour qu’il s’abslînt de ce xenre. Il a traduit llorace en prose, les illéramorp/lose : d’Ovide en vers, Virgile tout entier en vers il en prose. ’onilel a fait faire un pas immense à la langue et à la poésie liollandaises ; ou peut dire qu’il fut en Hollanule le créateur de la langue poétique. Il pnb !.a ii Amsterdam, en lti5U. une Jlanududian à la poitsie hollandaise. Cette production est appréclee par l. Ypey, dans son Histoire de la langue hollandaise, p. îti4·’t7’i. An milieu de tant d’hon«>rables travaux. Vondel n’eut qu’une existence a-sez ingrate. La perte d’une épouse éinineminent utile à son menage, la mort d’un fils qu’il chérissait, les dtkordres ruineux d’un autre fils abreuvèrent ses jours d’amertume. Il se sit menace d’une vieillesse indigente et, pour y échapper, réduit à accepter une ehetive place d’emplo ; c au mont-de-piété d’Amsterdam. Il en supporta les ennuis pendant dix ans. au bout desquels il obtint d’eu être déchargé, mais avec conservation de ses honoraires de six cent cinquante florins. Ainsi, rendu aux muses encore pour quelques années. il atteignit, le à février 1679. ii tage de ttt ans. le terme de sa glorieuse carrière. Son corps fut inhumé, trois jours après. dans le temple dit l’Eglia¢-.Veuce. Quatorze poëtes ou amateurs de poésie le portèrent à sa dernière demeure et reçurent chacun pour souvenir une médaille d’argent cisele, offrant d’un cote |·· buste de Vondel et. de l’autre un cygne. Un peut voir cette médaille et encore une autre lrappi e en l’honneur de ce prand poëte dans l’Hiimi-e métallique des Pays-llas, par Van Lann, t. R. p. ’2131·. Ce ne fut que trois ans plus tard que le bourgmestre Jean Siv lit tailler sur la tonihe ne Vondel ce chronos tique : Wi- plurlwo et Jll ~l< grall’s IhnDel. Il’a lill} es !. En 1772, iles ailnnrateurs de ’ondel ent placé sur sa tombe une urne en marbre noir, avec des ornements blancs, posée sur un socle, dans une niche. et ne portant pour toute inscription que le nom de ce grand poëte. fin beau portrait de lui, gravé par Corneille ïisscher, se paye, quand il porte toutes les remarques recherchées par les amateurs, jusqu’à douze cents francs. Le premier cahier, nouvellement publié, de l’ !sograpl»i¢ du hommes célèbres otite lefacnimile de son écriture. Vondel a laissé une mémoire vénérée, sous le rapport moral comme sous le rapport littéraire. Il était d’un commerce sûr, unissant la sobriété à l’amour du travail ; peu expansii en société et ayant habituellement l’air concentré, il ne se targuait pas de son mérite et aimait à encourager, par une sorte d’adoption, le talent naissant. Tout, dans