Page:Michaud - Biographie universelle ancienne et moderne - 1843 - Tome 8.djvu/312

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toie, et qui remplissait, dans te temps-là, même, à Florence, la chaire de cette faculté. D’autres se sont aussi trompés en assurant que Cino avait eu pour écoliers Pétrarque et Boccace : cela n’est vrai ni de l’un ni de l’autre. Cino était de retour à Pistoie en 1336 ; il tomba malade, fit son testament le 23 décembre, et mourut, soit avant la fin du même mois, soit au commencement de janvier 1337. Son commentaire sur le code effaça tout ce qui l’avait précédé dans ce genre, et a conservé longtemps après la mort de l’auteur une grande réputation ; il fut imprimé dans le 15e siècle, et réimprimé plusieurs fois dans le suivant. Les trois principales éditions sont :

1e Lectura Domini Cyni de Pistorio super Codice, Pavie, 1485, in-fol. ;

2e Cyni de Pistorio famosissimi legum ex planatoris, etc., super Digesti veteris Lectura, Lyon, 1526 ;

3e Cyni Pistoriensis juriconsulti prœstantissimi in Codicem et aliquot titulos primi Pandectarum tomi, id est Digesti veteris doctissima commentaria, etc., multo diligentius et emendatius quam aniea excussa a jureconsulto celeberrimo Domino Nicolao Cinnero, etc., Francfort-sur-le-Mein, 1578. Cette édition, donnée par Cisnerus, est la plus estimée. Comme poète italien, Cino est un des meilleurs de ces premiers temps : c’est, de tous les poètes qui précédèrent Pétrarque, celui dont la manière approche le plus de la sienne, et dont les vers ont le plus d’élégance et de douceur. Ses poésies furent recueillies et publiées, pour la première fois, sous ce titre : Rime di messer Cino da Pistoja jureconsulto e pœta celebratissimo, novellamente pœte in luce da Niccolo Pilli, Rome, 1559, in-8°, réimprimées, avec une 2e partie, à Venise, 1589, par les soins de Faustino Tasso ; mais on soupçonne que cette 2e partie n’est pas de la même main que la 1re. Séb. Ciampi a donné à Milan, en 1808 : Vita e Pœsie di Cino, in-8° dans lequel on trouve une canzone de Cino sur la mort du Dante ; une seconde édition a paru avec des augmentations, Pise, 1813, in-8°. On trouve aussi plusieurs morceaux de Cino parmi les poésies du Dante qui était son ami, et elles forment une partie considérable de tous les recueils d’anciennes poésies italiennes.

G-É.

CINQ ARBRES, ou CINQUARBRES (Jean), en latin, Qunnguaanoueos, né à Aurillac, dans l’Auvergne, au commencement du 16e siècle, étudia les langues orientales à Paris, sous François Vatable, fut professeur d’hébreu et de syriaque att collège de France en 1554, et mourut doyen des professeurs royaux en 1587. Il publia en 1546 sa Grammaire hébraïque, à laquelle il ioignit un petit traite de Nutis Hebrœorttm. Elle fut réimprimée en 1549, 1556, 1582 ; à Venise, en 1588, et en 1609 et 1624, în-i°, sous ce titre : Lingua hebraieœ litstitutiones absoiutùsimœ. L’édition de 1609, in-4°, est due à P· Vignal, qui y ajouta des notes, l’explication latine des mots hébreux, l’alphabet rabbinique, le traité de la Syntaxe et de la Poésie des Hébreux, de Génebrard, ce l’analyse grammaticale du psaume 53 du cardinal Bellarmin. Cette édition est en votre remarquable par la beauté des caractères, qui avaient été gravés et fondus par G. Lebé. Cinq-At-brcs

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traduisit aussi en latin, avec des notes, le Targum (ou parapltrasc chaldaique) de Jonathan, fils d’Uziel, SIIl’Jérémie. Ccttc version parut rn 1519 et en 1556, in-4°, avec le Targum du même Jonathan sur le prophète Osée, qu’il avait donné en 1554, et il y ajouta les paraphrases sut· Joel, Atuos, Ruth, etc., sous le titt-e suivant : Targum in Osean, Joelem, Amosum, Ruth et, TItrenos. Il avait fait réimprimer en 1554, in-8°*, l’Évangile de St. Matthieu, en hébreu, avec la version et les notes de Séb. Munster. Il a aussi traduit en latin plusieurs ouvrages d’Aviconne. V—vs et J—tv.



CINQ MARS (Henri Coiffié de Ruzé, marquis de), second fils d’Antoine Coifller, marquis d’Efliat, maréchal de France et surintendant des hnances, et de Marie de Fourci, naquit en 1620. Cc favori de Louis XIII fut grand écuyer de France des l’âge de dix-neuf ans. C’était un des plus beaux hommes et un des esprits les plus agréables de la cour. Il dut au cardinal de Richelieu la grande faveur si laquelle il parvint et la terrible catastrophe qui la suivit. Ce ministre n’avait élevé Cinq-Mars aux honneurs que pour s’en faire un instrument qui lui’soumlt de plus en plus le faible successeur de HenrilV, aussi ennemi des plaisirs et de la galanterie que ce roi yavait été porté. Les goûts et le caractère de Cinq-Mars étaient bien différents ; tout dans sa conduite et dans ses mœurs rappelait le règne précédent, et il disait en parlant de Louis XIII : et Je suis bien malheureux de vivre avec un homme qui m’cnnuie depuis le matin jusqu’au soir ;» mais il supportait cette contrainte dans l’espoir de s’emparer de l’esprit de son maître et de gagner, toute sa confiance. Alors il se plia entièrement aux goûts et a l’humeur de Louis, avec lequel auparavant il ne craignait point de se brouiller par de fré- 4 quentes disputes. Richelieu s’aperçut qu’au lieu d’un instrument, il s’était donné un rival, et ces deux homtnes conçurent l’un pour l’autre une haine invincible. j Cinq-Mars conseilla plusieurs fois au roi de faire as- 3 J sassiner son ministre, et il est certain que le roi en- ’ tra un moment dans ce projet, dont le cardinal ne. tarda pas à être informé. Il en fit parler au roi parle marquis de Mortemart. et Le roi, dit le P. Grilïet, al’fecta d’en paraître étonné. ai Il écrivit une lettre au chancelier Séguier pour se just iiier, non d’avoir écouté les propositions de Cinq-Mars, mais d’avoir jamais donné le moindre assentiment à une pareille action. Cette lettre est très-remarquable : c’est la première, la seule peut-être qu’un roi puissant ait écrite pour justifier sa conduite envers un de ses sujets. Cinq-Mars entra dans les intérêts de Gaston, depuis longl temps ennemi déclaré du premier ministre, et contribua au traité que ce pt-ince lit, par l’intermédiaire de Fontrailles, avec les Espagnols. Richelieu, informé de cette alliance, en donne avis au roi. Ce prince hésite, ne sait que croire, ouvre eniin les yeux, dit Itlillot, et Cinq-Mars est arrêté : il était alors avec la cour à Narbonne. On l’cnl’crtna dans · la citadelle de Montpellier, où il subit un premier interrogatoire. Il fut ensuite conduit, escorte de stx cents cavaliers, au château de Plerre· Enctse près