Page:Michel-Ange - L’Œuvre littéraire, trad. d’Agen, 1911.djvu/81

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CORRESPONDANCE

MICHEL-ANGE ET DIVERS CORRESPONDANTS

La Correspondance de Michel-Ange, dont on trouvera ici les principales lettres, traduites de l’italien pour la première fois, est conservée aux archives de la Maison Buonarroti et de la Bibliothèque Nationale, à Florence. Le texte en fut publié en partie : par Giovanni Gave (Carteggio inedito di Artisti dei secoli xiv, xv, xvi, Firenze, 1840) ; par Hermann Grimm (Das Leben Michelangelos, Hanovre, 1860); par Gaetano Milanesi (Lettere di M.-A. Buonarroti, pubblicate coi Accordi ed i Contratti artistici, Firenze, 1845), et par Aurelio Gotti (Vita di Michelangelo buonarroti, Firenze, 1875). Une autre partie de cette correspondance est conservée au British Muséum de Londres.

L’illustration de ces Lettres par des dessins de Michel-Ange est empruntée aux collections de la Maison de Michel-Ange, à Florence, et à celles que l’Angleterre possède, depuis que les souverains et les artistes de ce pays eurent le goût de les acquérir en Italie, pour en doter leurs Galeries publiques et privées. On connaît celle que George III sut réunir au château de Windsor, avec les fonds d’atelier des peintres Peter Lely, Josuah Reynolds, Hudson, Ryshack, Sandby, Benjamin West, Talman, Hone Pond, Cosway, qui avaient enrichi leurs portefeuilles avec ceux de Giorgio Vasari, ami de Michel-Ange, de Timoteo della Vite, qui le fut de Raphaël, et avec les riches collections qu’avaient su grouper deux prélats de la Cour romaine, Mgrr Croat et Mgr Marietti.

En France aussi un élève de Louis David, le chevalier Wicar, en avait recueilli un grand nombre, après les campagnes d’Italie où il avait suivi Bonaparte, comme délégué de la République, pour la reconnaissance des œuvres d’art à prélever en otages et indemnités de guerre. Après les campagnes de l’Empire, Wicar, revenu pour son compte en Italie, avait acquis à Florence un lot exceptionnel de dessins de Michel-Ange, que la mauvaise foi des marchands l’obligea à racheter et à payer deux fois, et au milieu desquels il mourut à Rome sans pouvoir se décider à venir passer, dans sa patrie, les derniers jours de son extrême et insatiable vieillesse. L’incurie française laissa revendre cette belle collection à sir Ottley, qui la céda ensuite au peintre Thomas Lawrence pour 10.000 livres sterling. À la mort de ce peintre, la même collection, remise en vente, fut acquise par l’Université d’Oxford, qui en a fait un des lots les plus importants de sa galerie artistique. Les quelques spécimens que le musée de Lille — ville natale de Wicar — conserve de son concitoyen, ne sont que des épaves — rari nantes — des cartons que cet habile collectionneur avait pu assembler, au cours de quatre-vingts ans de vie, et auxquels les précédentes acquisitions de Crozat et de Mariette ne furent pas comparables.


I

Michel-Ange à Lorenzo di Pier Francesco Medici [1].
Rome, 2 juillet 1496.

Magnifique Lorenzo, ceci est seulement pour vous aviser que, samedi dernier, nous sommes arrivés à bon port et que, tout de suite, nous sommes

  1. Pier Francesco, cousin de Pierre II fils aîné de Laurent de Médicis.