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XIII

LES VENDÉENNES EN 90 ET 91


Au moment où les émigrés, amenant l’ennemi par la main, lui ouvrent nos frontières de l’Est, le 24 et le 25 août, anniversaire de la Saint-Barthélémy, éclate dans l’Ouest la guerre de la Vendée.

Chose étrange ! ce fut le 25 août, le jour où le paysan vendéen attaquait la Révolution, que la Révolution, dans sa partialité généreuse, jugeait pour le paysan le long procès des siècles, abolissant les droits féodaux sans indemnité.

À ce moment, toutes les nations, Savoie, Italie, Allemagne, Belgique, les cités qui en sont les portes, Nice, Chambéry, Mayence, Liège, Bruxelles, Anvers, recevaient, appelaient le drapeau tricolore ; toutes ambitionnaient de devenir françaises. Et il se trouve un peuple tellement aveugle, qu’il arme contre la France, sa mère, contre le peuple qui est lui-même ! Ces pauvres gens ignorants, égarés, criaient Mort à la nation !