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LES FEMMES DE LA RÉVOLUTION

En 1848 spécialement, nous indiquions l’initiative que la femme était appelée à prendre dans nos nouvelles circonstances. Nous disions à la République : Vous ne fonderez pas l’État sans une réforme morale de la famille. La famille ébranlée ne se raffermira qu’au foyer de cet autel, fondé par la Révolution.

Qu’ont servi tant d’efforts ? et que sont devenues ces paroles ? où est cet auditoire bienveillant, sympathique ?…

Dois-je dire comme le vieux Villon : Où sont les neiges de l’autre an ?

Mais les murs au moins s’en souviennent, la salle qui vibra de la puissante voix de Quinet, la voûte où je vis telle parole prophétique de Mickiewicz se graver, en lettres de feu…


Oui, je disais aux femmes : Personne plus que vous n’est intéressé dans l’État, puisque personne ne porte plus que vous le poids des malheurs publics. L’homme donne sa vie et sa sueur. Vous donnez vos enfants.

Qui paye l’impôt du sang ? la mère.

C’est elle qui met dans nos affaires la mise la plus forte, le plus terrible enjeu.

Qui plus que vous a le droit, le devoir, de s’entourer de lumières sur un tel intérêt, de s’initier complètement aux destinées de la Patrie ?


Femmes qui lisez ce livre, ne laissez pas votre attention distraite aux anecdotes variées de ces biographies. Regardez sérieusement les premières pages et les dernières.