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LES FEMMES DE LA RÉVOLUTION

réaliser pour celui que tu aimes, de mettre dans sa vérité complète ta nature propre, qui est le sacrifice.

Cela est simple, cela contient beaucoup.

Cela implique, d’abord l’oubli, le sacrifice des amours passagers à ton grand, ton durable amour.

Le sacrifice du petit monde artificiel, des petits arts de la beauté, à la souveraine beauté de nature qui est en toi, si tu la cherches, et dont tu dois créer, agrandir l’âme aimée.

Le sacrifice enfin (là est l’épreuve, la gloire aussi et le succès) des molles tendresses qui couvrent l’égoïsme. Le sacrifice qui dit : « Non pour moi, mais pour tous !… Qu’il m’aime ! mais surtout qu’il soit grand !

Là, je le sais, est l’infini du sacrifice. Et c’est là justement le but de l’initiation, c’est là ce que le fils doit prendre de sa mère, c’est par là qu’il doit, la représenter : Aimer et non pour soir, se préférer le monde.

Cette élasticité divine d’amour et d’assimilation, cette dilatation du cœur qui n’en diminue pas la force, impliquant au contraire l’absolu du dévouement, s’il l’atteint, que lui souhaiter ? Il est grand dès ce jour, et ne pourrait grandir… Car alors le monde est en lui.


Nervi, près Gênes, 29 mars 1854.


FIN DES FEMMES DE LA RÉVOLUTION