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LA TOUR D’AUVERGNE


III


Seul et sans famille, menant une vie très pure (sa correspondance en témoigne), La Tour d’Auvergne mettait sa consolation à suivre ses études bretonnes et à écrire à ses sœurs l’une mariée à un avocat ; l’autre, qui n’était sa sœur que par sa mère, et qui ne se maria point. Celle-ci, belle, vertueuse et bien plus jeune qui lui, lui était très chère. Elle mourut de bonne heure, et il en resta toujours mélancolique. Cette perte de la petite sœur, du doux idéal de la famille et de la Bretagne absente, contribua certainement à l’éloignement qu’il montra toujours pour le mariage.

Il avait aussi un frère, véritable saint breton des vieilles légendes, fort bizarre, qui ne voulait voir personne, et qui, pour être bien sûr de sa solitude, avait placé son ermitage au lieu où l’on peut en effet être le plus parfaitement inconnu, au centre de Paris. Systématiquement séparé des hommes, il l’était encore plus des femmes. La crainte et l’éloignement qu’elles lui inspiraient touchaient à l’horreur. Il