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DESAIX


III


Deux années durant (1794-1795), Desaix combat sans repos.

Son général et celui de l’ennemi (le prince Charles) reconnaissent également dans leurs rapports la précision de ses manœuvres et son étonnante vigueur d’exécution.

Mais le plus merveilleux, c’est qu’en hasardant plus qu’aucun général, c’était lui qui perdait le moins d’hommes. La confiance qu’il donnait aux siens et leur amour pour lui resserraient, augmentaient leur unité d’action et de mouvement, cette force inconnue qui est la victoire.

Sa douceur, son calme ordinaire, qui était grand, devenaient admirables sur le champ de bataille.

Véritable homme de guerre, c’était là qu’il avait toute sa sérénité.

Dans une affaire où tout semblait perdu, Desaix ne bougeait pas. Un aide de camp, un peu ému, vient au galop lui dire : « Général, n’avez-vous pas ordonné