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HOCHE

Hoche avait pour les sciences morales la préférence que Napoléon, eut pour les mathématiques. Il voulait étudier la philosophie, l’économie politique avec O’Connor. Partisan d’abord des avantages commerciaux pour l’Irlande, dès que celui-ci lui eut expliqué la liberté du commerce : « Oh ! la belle science ! vous me l’apprendrez ! » Il se jeta dans ses bras. M. O’Connor, qui m’a raconté le fait, me disait encore : « Personne n’écoutait si bien que Hoche, n’était si avide de savoir, si désintéressé d’amour-propre.


II

Orphelin presque à sa naissance, Hoche n’eut d’autre éducation que celle qu’il se donna lui-même. Nous l’avons appelé un enfant de Paris, quoiqu’il fût né à Versailles. Mais de très bonne heure il eut Paris, le grand Paris, pour éducateur.

Paris a ses séductions, comme toutes les grandes villes mais pour ceux qu’il n’énerve pas, il est la plus grande école du monde. Là nul objet qui ne puisse instruire. Les murs parlent, les pierres racontent, les pavés sont éloquents.

Hoche a raconté ses origines dans une lettre magnifique, en réponse à ses ennemis[1]. Fils d’un soldat devenu palefrenier aux écuries du roi, il fut d’abord

  1. Nous donnons à la fin du volume quelques-unes de ces lettres superbes.