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HOCHE

l’artillerie. Il le fit avec audace, habileté, ne laissant pour tout butin à l’Autriche qu’un seul canon.

Leveneur l’admira, le prit en amitié, en fit son aide de camp. Il avait bien vite démêlé le héros sous l’effervescence du jeune homme. Il voulut compléter son éducation.

Le brave et bon Leveneur avait lui-même besoin d’une tête pour le diriger. Ce fut le jeune Hoche. Dans la déroute de Neerwinde, dans la retraite qui suivit, ils couvrirent l’armée. Ils livrèrent près de Louvain, à la Montagne de Fer, un combat de dix-sept heures, qui fit réfléchir l’ennemi, et lui fit sentir que, tout vainqueur qu’il était, il n’entamerait pas aisément la France.

Leveneur, resté fidèle, à la suite de Dumouriez, n’en était pas moins suspect. Hoche le défendit. Quand on arrêta Leveneur, il se fit aussi arrêter. Tout s’éclaircit cependant. Hoche put aller à Paris s’entendre avec les chefs du nouveau gouvernement, les meneurs de l’opinion. Il évita les Jacobins, trop défiants pour le militaire, s’adressa aux Cordeliers. Il connaissait déjà Danton. Il alla voir aussi Marat, et plaça dans son journal une forte et chaleureuse lettre contre les intrigants qui perdaient l’armée.


IV


Hoche, à son retour à l’armée, reçut du général Barthélemy l’ordre d’aller sur-le-champ s’enfermer dans Dunkerque, menacé par le duc d’York.