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HOCHE

pas le comte d’Artois ; il promettait toujours et jamais n’était prêt. C’étaient seulement mille hommes menés par un jeune homme, le très jeune colonel Sombreuil, cher à l’émigration par sa valeur fougueuse, et bien plus encore par le souvenir de sa sœur.

Cette brillante figure de Sombreuil allait éclipser tout. Il ne pouvait arriver que le soir du 15, débarquer le 16. Le 15, dans l’après-midi, d’Hervilly, sans l’attendre, donna ses ordres pour l’attaque convenue du lendemain. En vain Puisaye, qui reçoit à l’heure même de Londres son titre de général lui subordonnant d’Hervilly, en vain Waren le suppliaient d’attendre le renfort de Sombreuil ; d’Hervilly n’entend rien, n’écoute rien. Ce qui est dit est dit.

Le plan de d’Hervilly était de partir la nuit, de surprendre Hoche à Sainte-Barbe, pendant que Vauban surprendrait le poste de Carnac. Ni l’un ni l’autre n’arriva avant le jour. Nulle surprise. Point de chouans. Quelques coups de feu, tirés au loin. Mais Hoche bien éveillé, en force avec beaucoup d’artillerie qui lui était enfin venue.

D’Hervilly, le voyant de front si imposant, ordonna un mouvement oblique qui présentait son flanc, le faisait défiler tout entier sous le feu de Hoche. Contre ce feu, les canons royalistes, fort bien placés, tonnaient et déjà démontaient les pièces. D’Hervilly les déplace, les porte en bas dans le sable, où ils s’engagent et ne servent plus à rien. Alors il fait retraite avec son régiment. Mais, les autres n’étant pas avertis, on battait d’un côté la charge, et la retraite de l’autre. Le désordre fut au comble, la perte énorme. D’Hervilly blessé mortellement. Tout y eût