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HOCHE

ennemis de leur pays, au poste de confiance, au fort Penthièvre. Il est vrai que ce fort, presque entouré de la mer et très escarpé d’un côté, permettait peu l’évasion. Mais un certain David, l’un d’eux, hasarda tout ; il se laissa couler par ces pentes rapides, et reconnut fort bien que ce n’était pas un abîme, mais des assises en gradins, chacune de cinq à six pieds de haut, et que le petit bord, de gradin en gradin, faisait une sorte de sentier, large à peu près d’un pied et demi. Son succès enhardit ; et trente-neuf autres ; la nuit suivante, usèrent du même chemin.

Hoche, à qui on mena David, craignait un piège et hésitait à risquer ses meilleurs hommes dans un tel casse-cou. On dit que ce fut Tallien qui saisit avidement ce moyen d’abréger.

Comment serait la nuit ? claire ou obscure ? C’était la question. La soirée n’était pas trop belle. Hoche monta sur un pic assez élevé qu’on nomme la Roche-aux-Fées, et observa. Les troupes répandues tout autour le virent là, reconnurent cette haute figure héroïque, qui se détachait fièrement dans un dernier rayon de soleil. Un cri immense s’éleva, une chaleureuse acclamation (20 juillet, 2 thermidor).

Tout alla bien. La soirée devint sombre ; du côté de l’ennemi, tous s’endormirent avec confiance.

Hoche ne s’endormait pas. Il forme une colonne de grenadiers d’élite sous l’adjudant Ménage, un homme sûr, qui ira par la droite, montera conduit par David, fera l’exécution. Une autre colonne de front doit attaquer, tandis que sur la gauche Humbert tournera le long de la mer.

Ménage et sa colonne devaient marcher une lieue