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LES SOLDATS DE LA RÉVOLUTION

pule et sans danger son système, à la fois habile et humain, de clémence, qui devrait être la loi de toute guerre civile.

Il commençapar désarmer les villages. Il les faisait cerner par ses troupes, on se’saisissait des bestiaux, et on ne les rendait qu’en échange des fusils.

Mais ce n’était pas aux mains seulement qu’il fallait arracher les armes. La Convention venait de décréter la loi sur la liberté des cultes ; Hoche se hâta de la répandre à profusion dans les campagnes, et prescrivit aux généraux de prêcher et de pratiquer partout la tolérance religieuse. Lui-même il écrivait « Les Romains, de qui nous approchons un peu, soumettaient les peuples par la force des armes et les gouvernaient par la politique. Il est de la morale et de la politique d’accorder la liberté de conscience à tout être pensant. Une religion quelconque tient quelquefois lieu à l’homme le moins instruit dés affections les plus chères elle peut être pour lui la récompense de ses travaux et le frein de ses passions. » Et s’adressant aux paysans, il leur disait « Rétablissez vos chaumières, labourez vos champs, et priez Dieu »

Hoche s’empressa enfin de lever dans toutes les communes l’état de siège. Il tardait à ce vaillant soldat de se dessaisir de ce moyen extrême le gouvernement militaire faisait horreur à ce grand citoyen. « Le gouvernement militaire, écrivait-il, est celui des esclaves, et à ce titre il ne peut convenir à des hommes qui ont acheté de leur sang la liberté française : Eh ! grand Dieu ! que serait-ce qu’une république dont une portion des habitants serait soumise à un seul homme ? que deviendrait la liberté ? »