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HOCHE

regorgeait de vivres. Il écrit au Directoire, lui demande de supprimer les administrations françaises qui ne sont au courant ni des mœurs ni des ressources, de rendre aux pays occupés leurs baillis.

Le Directoire, devenu plus sage, lui donna l’autorité suprême. Hoche institua une commission intermédiaire de cinq membres pour gérer les provinces conquises. Bientôt le soldat est chaussé habillé, nourri. La discipline est rétablie, l’enthousiasme est réveillé. Hoche, au bout de deux mois, écrit au Directoire : « Il est impossible d’avoir une armée plus belle, plus brave et mieux disciplinée. Avec elle un général est sûr de vaincre bientôt les ennemis… Que la campagne s’ouvre, et rien ne pourra nous empêcher d’aller jusqu’à Vienne… »

La campagne s’ouvre en effet une merveilleuse campagne de six jours. Hoche passe hardiment le Rhin en présence des Autrichiens retranchés sur la rive droite. Il remporte alors sur eux l’éclatante victoire de Neuwied, où l’ennemi, contraint de s’enfuir en désordre, laisse au pouvoir des Français sept mille prisonniers, sept drapeaux, vingt-sept canons et cinq cents chevaux. En même temps les Autrichiens sont battus à Ukerath, Altenkirchen et Dierdorf. Hoche se met à leur poursuite, fait faire en quatre jours trente-cinq lieues à son armée, livre chemin faisant trois batailles et cinq combats, et culbute l’ennemi en toute rencontre, lui prenant canons, caissons et provisions. Son avant-garde, aux ordres de Lefebvre, franchit la Nidda défendue par l’élite de la cavalerie impériale. Nos chasseurs à cheval vont entrer pêle-mêle à Francfort.