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LES SOLDATS DE LA RÉVOLUTION

le général Willot, s’écria : « Les coupables de son espèce ont droit aux remerciements de la patrie reconnaissante. »

Hoche s’en retourna à Wetzlar, son quartier général, le cœur ulcéré. Il sentait la Révolution en péril. Mais, sans revenir à Paris, il sut faire agir contre les royalistes son inflammable armée de Sambre-et-Meuse. Dans la sombre fête tragique qu’on célébrait chaque année pour les morts du 10 août, ses généraux portèrent au banquet des toasts significatifs « A la haine des ennemis de la République ! — Aux membres du Conseil des Cinq-Cents qui veulent le maintien de la Constitution ! – Aux membres du gouvernement qui étoufferont les factions royalistes ! » Hoche lui-même souffla l’orage, disant « Ne les quittez pas encore, ces armes terribles avec lesquelles vous avez tant de fois fixé la victoire ; il faut avant tout assurer la tranquillité intérieure, que des rebelles aux lois républicaines essayent de troubler. » Plusieurs des officiers de Hoche eurent des permissions pour aller à Paris, entre autres Chérin, son ami, chef de son état-major, et le vaillant Lemoine, l’un des vainqueurs de Quiberon.

La journée du 18 fructidor fit échouer la conspiration royaliste et tira Hoche de ses patriotiques angoisses.

Moreau étant destitué par le Directoire, Hoche reçut le commandement de l’armée d’Allemagne, composée des armées réunies de Sambre-et-Meuse et du Rhin.