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LES GUETTES DE DÉLIVRANCE


II


Ce qui fut aussi le caractère de ces armées sorties du grand élan de 90, c’est que jamais, dans nulle autre, la fraternité militaire n’eut un caractère plus touchant. Ces volontaires partis ensemble, par bandes de voisins et d’amis, par quartiers et par villages, semblaient moins des corps d’armée que des fédérations de familles.

Là fut vraiment la beauté des armées de la République. Elles sentaient, aimaient d’autant mieux la patrie qu’elles la considéraient comme le sublime ensemble de toutes leurs affections.

Elles méritent, ces armées, qu’on écrive aux champs de bataille où elles ont laissé leurs dépouilles la simple et touchante épitaphe donnée dans l’Antiquité à deux capitaines grecs :

« Ils moururent irréprochables dans la guerre et dans l’amitié. »

Chacune de ces armées formée ainsi dans la