Page:Mickiewicz - Les Slaves, tome 1.djvu/105

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sceptre, il réussit à les défendre contre les Awares et contre les Francs. Après lui sa famille régna quelques années et disparut ensuite de l’histoire. A sa place s’éleva la puissante maison des Swiatopelk, rois de la grande Moravie ; puis arrivèrent les Magiares qui renversèrent l’Empire morave et jetèrent les fondements du royaume de Hongrie.

En même temps, de l’autre côté des Karpathes, se produisirent des faits historiques d’une influence beaucoup plus décisive sur la destinée des Slaves : la formation des noyaux des puissances polonaise, bohème et russe. Une question se présente ici tout d’abord : le dogme politique et social de ces trois royaumes se développa-t-il d’un principe national, d’une force intérieure slave, ou ne fut-il qu’une importation étrangère ? La tradition locale parle des Lechs et des Czechs comme de peuples venus de l’Orient, des bords de la mer Caspienne. Les chroniqueurs ont recueilli cette tradition et l’ont répétée ; mais la critique moderne l’a démentie et taxée de fable. Les Allemands, surtout s’obstinent à nier l’antiquité des souvenirs polonais et bohêmes. Il fut pénible, à des hommes habitués à l’histoire primitive de leur race, de voir renverser toutes les traditions reçues. Un de ces hommes, le prince polonais Jablonowski, ayant su que Schlötzer travaillait dans h son savant ouvrage a détruire l’existence de Lech, lui proposa de fortes sommes pour racheter l’existence de ce roi. Cependant, avec le temps, les historiens slaves eux-mêmes ont regardé cette relation primitive comme controuvée et dénuée de fondement. Aujourd’hui