Page:Mickiewicz - Les Slaves, tome 1.djvu/108

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tence politique était à peu près la même ; l’ aristocratie, qui prétendait descendre des dieux et des demi-dieux, y occupait toujours la première place. Le plus noble était élevé au trône ; on honorait la royauté, mais on ne lui a jamais permis de fonder un pouvoir absolu tel qu’il est aujourd’hui établi en Russie et dans quelques parties de l’Europe. Enfin, pour caractériser cette race en quelques mots, il nous suffira de dire, qu’elle était éminemment aristocratique.

Les gouvernements fondés par les Lechs et les Czechs aux pieds des Karpathes, et par les Normands au fond de la Russie, diffèrent beaucoup entre eux. Les premiers, étendant leurs conquêtes vers la mer Baltique, n’eurent jamais de vues bien arrêtées dans leurs entreprises, ni de monarques capables de les constituer en état régulier. Les Normands, au contraire, sous la direction suprême d’un autocrate, eurent bientôt soumis toute la Russie. Leurs rapports avec les Slaves furent d’abord basés sur des traités et non sur leurs droits de conquête. L’état politique des pays russes, à cette époque, ressemble parfaitement à celui de l’Apulie et de l’Italie au moment où elles ont été subjuguées par les Normands. Mais les chefs varègues s’emparèrent peu a peu du pouvoir absolu en s’appropriant tous les droits jusqu’ici réservés aux communes. Ils étouffèrent les libertés slaves, et devinrent maîtres, de tuteurs qu’ils étaient. Les Normands se répandaient de préférence dans la direction des fleuves ; leurs vaisseaux servaient de coursiers à ce peuple de conquérants, qui porta ses armes jusque dans la Grèce, et tenta même de