Page:Mickiewicz - Les Slaves, tome 1.djvu/72

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faut racheter, puisque la nécessité du sacrifice est admise ; mais à cela se borne tout ce qu’on peut savoir de l’ancienne religion des Slaves. L’absence de révélation se fait sentir d’ailleurs dans ce qui manque partout et continuellement à leur organisation sociale. Sans révélation, il n’y a pas de sacerdoce ; or, le sacerdoce par droit d’hérédité et d’élection n’a jamais existé chez ces peuples. Ne reconnaissant pas la filiation des dieux et des héros, ainsi que l’acceptaient les Germains, les Celtes et les autres nations, ils n’ont point eu d’aristocratie et ne pouvaient en avoir. L’aristocratie, de tout temps, s’est fondée, s’est appuyée sur la tradition d’une origine supérieure à celle du peuple ; partout et toujours l’aristocratie a prétendu à une origine divine. Les Slaves sont donc restés sans noblesse et sans sacerdoce ; ils n’ont eu ni prêtres, ni seigneurs, ni rois !