Page:Milton - Cheadle - Voyage de l’Atlantique au Pacifique.djvu/283

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leurs embarras et de nous nourrir pauvrement avec le roubébou. Nous voyions bien des pistes d’ours assez nombreuses, des marques de castors sur tous les cours d’eau, mais nous faisions trop de bruit forcément en marchant pour espérer d’avoir la plus petite chance de trouver du gibier, et nous ne pouvions pas songer à nous arrêter un jour ou deux pour chasser.

Le 5, la seule main dont se servit L’Assiniboine était si enflée et si malade, par suite des blessures que lui avaient faites les épines des aralies, qu’il ne put plus manier la hache et que la tâche de frayer la route ’échut à CheadJe. C’était un vrai malheur, qui nous retarda encore, car Cheadle était loin d’avoir comme pionnier l’habileté de L’Assiniboine, et il faisait faute pour la direction des chevaux, à laquelle devaient suffire désormais Milton et le jeune garçon. Il faut pourtant reconnaître que M. 0’8. donnait une assistance plus active qu’il ne l’avait encore fait. Ce jour-là, nous crûmes que la vallée allait beaucoup s’élargir à quelques milles en avant de nous et nous atteignîmes une colline arrondie d’où nous vîmes à quelque distance vers le sud. Ces espérances devaient être amèrement désappointées. Des bois sans fin continuaient à se profiler devant nous et l’horizon était fermé par des montagnes d’une façon effrayante. Au pied de notre colline, nous passâmes un torrent qui tombait dans la rivière principale par deux bras d’une vingtaine de mètres en largeur. Grâce à la méthode qu’il avait inventée, M. 0’8. -les franchit avec un grand succès.

Le lendemain, nous eûmes à lutter du matin au soir, sans trêve, contre des obstacles plus grands que jamais. Le 7 août, qui était le huitième jour depuis que nous étions perdus dans la ro_t, nous eûmes à traverser une autre rivière qui, symptôme favorable, large d’une trentaine de mètres, peu profonde et claire, n’était certainement pas grossie par la fonte des neiges des montagnes. Nous l’appelâmes rivière Elseear. Peu après, nos esp6rances furent encore augment6es, parce que nous arri