Page:Mirbeau - L’Épidémie.djvu/28

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terre… est l’Angleterre… et la France est la France !… À chaque peuple son génie !… (Enthousiasme général.) Restons Français !…

PREMIER CONSEILLER

Vive la France !

LE DOCTEUR TRICEPS

Laissons donc cette épidémie suivre son cours naturel… son évolution nécessaire. Il ne faut jamais violenter la nature… Croyez-moi, elle sait ce qu’elle fait !… (Le docteur Triceps se rassied parmi les félicitations de tous.)

LE MAIRE

Permettez-moi d’ajouter une observation qui va, peut-être, éclairer ce débat d’une plus vive lumière !… Malgré ses allures cassantes, le préfet maritime n’est pas un mauvais homme, et je crois que l’on peut s’entendre avec lui !… J’ai le sentiment qu’il ne se préoccupe pas de l’épidémie, en tant qu’épidémie, du moins !… Non !… Seulement il redoute l’opinion… il craint la presse… il a peur d’une interpellation à la Chambre !… Vous savez avec quelle violence la marine est attaquée en ce moment !… Rien qu’à la pensée que M. Lockroy puisse revenir ici tripatouiller son arsenal, il s’affole !… Mettez-vous à sa place.

LE MEMBRE DE L’OPPOSITION

Eh bien ?…

LE MAIRE

Eh bien… si j’ai compris le fond de son idée, pourvu que nous votions les dépenses nécessaires aux travaux susmentionnés, le préfet se tiendrait pour satisfait… Ce qu’il demande, c’est une formalité… Sa prétention n’irait pas jusqu’à exiger l’exécution de ce vote… Il veut