Page:Mirbeau - La Pipe de cidre.djvu/190

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Les souvenirs d’un pauvre diable



I


Ces pages que j’écris ne sont point une autobiographie selon les normes littéraires.

Ayant vécu de peu, sans bruit, sans nul événement romanesque, toujours solitaire, même dans ma famille, même au milieu de mes amis, même au milieu des foules un instant coudoyées, je n’ai pas la vanité de penser que ma vie puisse offrir le moindre intérêt, ou le plus petit agrément, à être racontée.

Je n’attends donc, de ce travail, nulle gloire, nul argent, ni la consolation de songer que je puisse émouvoir l’âme de quelqu’un.

Et pourquoi quelqu’un sur la terre se préoccuperait-il du silencieux insecte que je suis ? Je suis, dans le monde qui m’entoure de son immensité, un trop négligeable atome. Volontai-